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Dominé par la masse imposante de la colline Sainte-Propice,
également site d’un oppidum, Roquepertuse est un petit plateau
surmontant d’une dizaine de mètres la vallée de l’Arc, en
un lieu qui fut peut-être un carrefour géographique
important. Il doit sa notoriété à la
découverte fortuite, au XIXe s., de deux statues de
guerriers accroupis. Ces deux sculptures auxquelles il faut ajouter
d’autres éléments dont le fameux "Hermès",
trouvé par H. de Gérin-Ricard vers 1919, furent
immédiatement attribués à la peuplade salyenne
anéantie par les régions romaines vers la fin de IIe
s. av. J.-C.
Depuis ces premières fouilles, la révision des mobiliers
céramiques et métalliques à permis de proposer une
datation plus haute (transition IIIe-IIe s. av.
J.-C.) pour la destruction finale du site. L’ensemble lapidaire a lui
aussi été réévalué par une
équipe interdisciplinaire : les statues doivent être
désormais disposées sous un portique largement ouvert sur
l’extérieur et établi sur l’une des terrasses du cirque
rocheux, en contrebas du plateau.
Depuis la reprise
des recherches sur le terrain en 1991, la chronologie du site s’est
quelque peu complexifiée, de même que celle de la mise en
place et du démontage des différents
éléments architecturaux. Et il n’est guère
étonnant qu’à cette occasion le problème de
l’exposition des statues ait été à nouveau
réexaminé, question d’autant plus cruciale qu’elle
intervient après la découverte de Glauberg en Allemagne
et son corollaire, le reclassement d’une grande partie de la statuaire
celtique.
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fig. 1
Mobilier domestique du Ve s. av. J.-C. (C. Durand, CNRS)
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Des habitations sur poteaux porteurs.
Après une
première occupation à la fin du Néolithique, puis
une longue phase d’abandon, plusieurs constructions sur poteaux
porteurs sont établies, dans la seconde moitié du Ve
s. av. J.-C., sur de petites terrasses aménagées dans la
pente. Les deux portions d’habitations fouillées semblent
disposées en L et comportent toutes deux de nombreux vestiges
cassés sur place témoignent d’activités que l’on
pourrait qualifier de domestiques : plaques foyers, gril, vases en
torchis, graines carbonisées et alignement d’urnes
destinées au petit stockage (fig. 1). Bien que nous
n’ayons aucune information sur la partie sommitale, il ne semble pas
que le site ait été entouré d’un rempart
dès cette période. Contemporain de l’habitat plus
septentrional de Coudounèou, Roquepertuse paraît
n’être alors qu’une petite bourgade où les
évolutions architecturales les plus récentes demeurent
inconnues ou sous influences.
Pour le IVe
s. av. J.-C. en particulier, nous ne disposons que de maigres indices
(fragments d’adobes) pour reconnaître les vestiges d’un habitat
ouvert en terre dont on ignore l’étendue.
La construction du premier rempart.
Il faut attendre la
transition des IVe s. av. J.-C. pour que la topographie
villageoise connaisse un profond bouleversement : plusieurs murs
massifs sont installés pour soutenir les terres et une enceinte
est établie à mi-pente, permettant de refermer le site
vers le vallon, secteur le plus exposé aux éventuels
assaillants. La surface protégée est de 1 300 m2,
avec plus de la moitié (894 m2) sur la table rocheuse
sommitale. Ces nouvelles constructions montrent le remploi de plusieurs
stèles grossières difficiles à dater ou à
la fonction mal définie (cultuelle et/ou
funéraire ?) (fig. 2). Le rempart présente
alors une largeur de 1,20 m et semble déjà comporter au
moins une tout arrondie et une porte (monumentale ?) dans l’axe du
cirque. Nous ignorons si la terrasse ainsi créée à
grand renfort de remblais dans cette partie médiane du vallon
comportait d’éventuels aménagements ou s’il s’agissait
d’un espace libre de toute construction, à l’inverse de ce que
l’on imagine pour le plateau. Les restructurations postérieures
ont malheureusement fait disparaître tout témoignage de
cette période sauf dans le secteur du rempart où,
très rapidement, l’habitat semble s’être étendu
au-delà de l’enceinte, comme en témoigne l’habitat
appuyé contre le parement externe. Nous ne savons pas cependant
s’il faut évoquer ici l’existence d’un véritable quartier
extra-muros.
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fig. 2
Petite stèle en calcaire local
(C. Durand, CNRS)
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Le renforcement du rempart et la
mise en place ( ? ) du monument à portique.
Dans le courant du IIIe s. av.
J.-C., les édifices situés à l’entrée de la
terrasse 1 prennent un aspect beaucoup plus monumental : le
rempart fait l’objet d’un habillage et atteint désormais 2 m de
largeur (fig. 3) ; l’accès à la porte est
aménagé par un escalier en grand appareil qui distribue
les déplacements selon trois directions orthogonales (fig. 4).
À la construction de ce dispositif correspond une
restructuration complète du secteur extra-muros. L’habitation
qui s’appuyait contre le rempart est détruite pour laisser place
à une aire de circulation permettant de contourner au nord le
nouvel îlot construit. L’exiguïté des secteurs
sondés jusqu’à présent dans ce quartier ne permet
pas de s’assurer partout de l’ancienneté de la trame
urbaine : des permanences et des modifications dans l’alignement
des façades existent entre cette période et la phase
ultérieure (fig. 5) ; mais il est pour l’instant
difficile d’en restituer la généalogie.
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fig. 3 Habillage du
rempart (IIIe s. av. J.-C.)
(Ph. Boissinot)
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fig. 4 Escalier
monumental accédant à la porte frontale percée
dans le rempart (IIIe s. av. J.-C.) (Ph. Boissinot)
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fig. 5 Plan de
l’habitat (IIIe s. av. J.-C.)
(Ph. Boissinot)
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