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De la
préhistoire au XVII ème siècle |
Des ruines antiques, des ossements humains et des armes, trouvés dans le territoire de Velaux, témoignent qu’à l’époque romaine
notre localité ne fut ni
inhabitée ni inactive.
Sur la rive Ouest de l’Étang de Berre, les Grecs établissent un comptoir commercial à
Saint-Blaise, les populations locales, Ligures vraisemblablement, se rassemblent autour de
Roquepertuse dans la plaine de l’Arc. C’était au début du premier millénaire avant Jésus-Christ. Ces hommes lointains nous léguèrent au travers des
âges le sanctuaire celto-ligure de
Roquepertuse, avec son portique à alvéoles céphaliformes, son Hermès bicéphale et le « Héros assis » aujourd’hui exposés au Musée Borély à Marseille.
Un intense brassage ethnique modifie rapidement les structures de la région. Les Celtes, venus du Nord, se mélangent aux Ligures. Une organisation politique plus élaborée, la Confédération Salyenne, choisit d’établir sa capitale à Entremont, et les marchands salyens supportent mal les intrusions des Romains qui, déjà, commercent avec Marseille et
l’ Espagne. Les nombreux incidents qui opposent les communautés amènent les Romains à conquérir la Gaule du Sud : Roquepertuse et Entremont tombent en 124 avant J.-C.
La vallée de l’Arc connaît alors un essor exemplaire : des aqueducs, de nombreuses villas et fours à potiers témoignent de sa vitalité économique pendant cette longue période de paix qui durera 2 siècles. Déjà on cultive la vigne, l’olivier et le blé. La densité de la population est telle que les terres plus hautes et plus pauvres de
Sainte Propice et le Plateau des Amandiers sont à nouveau exploités. Un commerce prospère trouve des débouchés dans les grandes villes voisines d’Arles, Aix et Marseille, mais aussi dans tout l’empire romain. Cela ne durera pas.
Au début du 4e siècle, les premières grandes invasions barbares et les guerres de succession de l’empereur Dioclétien entraînent la destruction des habitats de la plaine, et la remontée des populations survivantes vers les hauteurs, dont le site de
Velaux. De la longue période de confusion qui suivra, Velaux ne conserve aujourd’hui que la tour du
castrum , construit au 10e siècle.
Il faut arriver au 14e siècle et au 15e pour
retrouver des documents historiques sur Velaux. Le château, autour duquel se groupa la population, pour former le village si pittoresquement assis sur cette hauteur appartenait, sous le roi René, à
Jourdain Brice, grand maître
rational (titre de 1435).
A l’époque du roi René déjà existait l’église, car la Taxatio beneficiorum
(taxe) dressée vers 1312, mentionne le . " Prior de Velaucio " taxé à 4 livres. On a des raisons de croire que cette église dépendait alors de
Montmajour et à cette période la terre
de Velaux faisait partie du domaine des comtes de Provence.
Le 20 février 1352, le roi Louis et la reine Jeanne donnèrent
à Hugues le Moine les droits qu’ils avaient en ce lieu :
droit d’albergue et pleine juridiction.
Le 25 mai 1379 a
lieu une information des droits que le roi possède à
Velaux ; à cet effet comparaissent devant les commissaires
: noble Sifroy Coste, baile de Velaux, Bertrand Isnard et
Guillaume Ollivier représentant la communauté des gens de
Velaux. De leur déclaration résulte : que la reine possède
la directe ; qu’il est dû à la cour royale les calvacades
suivant l’usage et pendant 40 jours par an, six sous
coronades par feu, 12 liv. 10 sous de droit d’albergue. La déclaration
mentionne que les gens du lieu dont tenus de se pourvoir de
sel à la gabelle de Berre, que le terroir a de l’eau en
quantité suffisante, qu’ il produit abondamment du blé, du
vin, des olives et autres fruits.
Au 15e siècle, les
seigneurs de Velaux font hommage de leurs biens aux comtes
de Provence, à plusieurs reprises qui nous sont signalées
;
En 1428, hommage de Jourdain Brice, grand maître rational ; en
1441, de Bertrand de Rousset.
En 1448 de Guillaume de
Rousset ; en 1464, de Silons de Rousset, fille du précédent
et femme d’Elzéar Rodulph. -
Puis, à la Liste synodale de 1450 est inscrit le " capellanus St Trophimi de Vellaucio ". Cette fois, c’est le Chapitre de St Trophime qui est prieur décimateur. Il semble que c’est ce changement d’attribution qui aura été la cause ou l’occasion d’un changement de Titulaire. L’église, en effet, ainsi indiquée en 1450 sous le vocable de St Trophimie, était auparavant dédiée fin Saint-Esprit. Ajoutons que Velaux possédait (les reliques du premier évêque d’Arles, qui ont disparu à la Révolution.
Les enquêteurs de
1471 parlent peu de Velaux ; ils ont trouvé, disent-ils, le
lieu inhabité ; ils demandent que le fouage soit maintenu
à un demi feu.
A la fin du 15e siècle, le village appartient à la famille de Rousset, mais a la suite de pestes, famines, régression économique, il est pratiquement dépeuplé et une grande partie du terroir est laissé en friche.
En 1514, le seigneur Esperit de Rousset tente une remise en valeur de sa seigneurie par un acte de
repeuplement : de nouveaux habitants, les ancêtres des nouveaux Velauxiens aujourd’hui, arrivent
essentiellement des Hautes-Alpes .Ils passent avec lui une convention pour « gagner leur pain à la sueur de leur visage
»
Ce sont les ancêtres de
nombreux Velauxiens (familles "BARET - SEGUIN" ) Si le
seigneur a besoin d’eux, il leur impose tout de même des
conditions très dures. La vie quotidienne des nouveaux venus est
réglementée jusque dans les moindres détails, qu’il s’agisse de battre le blé ou de le moudre, de faire
un four ou de fabriquer des tuiles, on doit toujours en référer
au seigneur.
Celui-ci va jusqu’à imposer aux villageois
de planter un certain nombre d’amandiers chaque année et à leur interdire de laisser une terre non semée pendant
deux ans, sous peine de confiscation. Mais nous sommes au début
d’une période de prospérité et les charges de la
communauté sont allégées par les bonnes récoltes et les
débouchés satisfaisants.
Le seigneur n’habite pas constamment à Velaux. Il y est
représenté par le baille. Celui-ci a sous ses ordres les
"gens d’arme" et les officiers qui sont chargés
de prélever les impôts. Tout ce personnel loge dans le château
dont il ne reste aujourd’hui que la tour et les caves. Les
habitants, comme au Moyen Age, forment une "Communauté"
qui chaque année par l’intermédiaire du "Conseil"
élit deux consuls. Ils sont représentants des habitants
devant l’autorité seigneuriale. Aidés par un
"personnel municipal" (greffiers, trésorier) ils
vont jouer un rôle grandissant dans l’administration du
village.
La Seigneurie a appartenu successivement aux Lemoine (14ème), aux Rousset (15ème/16ème), aux AIbertas (17ème/18ème).
Le 17 juin 1610, la cure fut déclarée perpétuelle, ou inamovible. Le prêtre qui l’occupait devait être gradué ; il avait un secondaire ; et le décimateur était tenu de fournir un prédicateur pour le Carême.
Il est vrai que la vie quotidienne est dure et réglementée jusque dans les moindres détails par le seigneur, mais bientôt la région renaît à une prospérité que les Guerres de Religion de la fin du 16e siècle troubleront à peine.
En 1598 l’Édit de Nantes accorde aux protestants l’exercice public de leur culte,
les habitants se convertirent en assez grand nombre à la
religion réformée et l’église actuelle du village abrita alors le temple protestant. Elle devint église paroissiale après la révocation de
l’Édit de Nantes en 1685
Jusqu’à la Révolution, une œuvre de charité, riche en argent et "charges de
blé", et administrée par le Curé, les consuls et quelques notables, faisait A ceux qui en avaient besoin des avances que ceux-ci remboursaient, après la récolte, sans intérêts et en nature. L’œuvre existe encore, sous le contrôle du Bureau de Bienfaisance ; mais inutile d’ajouter que le curé en est exclu.
En 1728 on compte 180 chefs de famille,
110 maisons habitées ; la communauté possède alors un
four banal dont elle retire une rente annuelle de 16 charges
de blé ; mais elle payait aux dames du lieu une redevance
de 20 charges.
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